MEDAMP est le pendant de MEDAM, l’observatoire sur l’impact du cumul des aménagements construits sur la mer : www.medam.org

Les mots en vert dans le texte sont des liens renvoyant à des explications complémentaires.

Tous les textes en ligne et la majorité des données sont dans un rapport téléchargeable qui donne la situation de la base de données au 20 juillet 2017, pour l'obtenir cliquez : sur "Rapport".

 

MEDAMP : Pourquoi ?

 

Présente l’inventaire : 65 aires marines protégées ou réserves de pêche

Depuis 1965, des aires marines protégées gérées par l’Etat, les collectivités territoriales, les prud’homies de pêcheurs et les autres utilisateurs de la mer ont été créées avec 7 statuts différents. Certaines ont été classées par une loi dans l’appellation « aire marine protégée », d’autres non. Cependant peu d’entre elles peuvent être considérées comme étant représentatives d’un espace ou d’un milieu marin protégé. Les dernières créations sont des aires cogérées plutôt que « protégées ». De ce fait, il y a une grande confusion sur les objectifs, les appellations, les statuts, les réglementations en vigueur, les niveaux de surveillance et de prévention ; toutes ces caractéristiques diffèrent d’un site à l’autre et sont, pour certaines zones, modifiées souvent dans le temps. La base de données MEDAMP est un observatoire de la protection de la biodiversité littorale des côtes françaises de la Méditerranée. Avec l’inventaire exhaustif des zones protégées, elle donne toutes les caractéristiques des 45 « aires marines protégées » ainsi dénomées par la loi mais aussi celles des 20 réserves de pêche (cantonnements et concessions).

Identifie des niveaux de protection

Contrairement aux milieux terrestres il n’y a pas d’endémisme localisé en Méditerranée : il n’y a pas d’espèces que l’on ne trouve que dans une baie ou autour d’une île. Il n’y a ainsi pas d’espèces en grand danger d’extinction devant les côtes françaises de la Méditerranée nécessitant une protection très forte de son biotope. Par contre les équilibres sous-marins sont localement bouleversés par les activités humaines. De ce fait, la biodiversité locale peut être réduite et le rendement utile pour l’homme diminué (pêche, vision sous-marine pour le tourisme, plongée). La base de données MEDAMP permet d’archiver des données quantitatives et qualitatives sur le niveau de protection du milieu marin littoral. Les niveaux retenus dépendent :

Evalue la protection des zones les plus convoitées et les plus menacées

Les zones les plus vulnérables les plus convoitées et menacées par les activités humaines sont les petits fonds littoraux (essentiellement entre 0 et -20m).

De très loin la principale atteinte à la biodiversité littorale des côtes françaises de la Méditerranée est représentée par les aménagements construits sur la mer. Ce sont uniquement les petits fonds (0 à -20m) qui sont menacés par cette atteinte physique à la biodiversité. La protection d’espaces littoraux allant jusqu’au rivage, permet de préserver définitivement les écosystèmes des très petits fonds.

Le prélèvement d’espèces induit par la surpêche représente la seconde pression anthropique sur la biodiversité littorale. Elle inclut la pêche professionnelle et de loisir (pêche à la ligne - à pied ou en bateau - et chasse sous-marine). Ce sont aussi les petits fonds qui sont le plus exposés à cette prédation humaine. La pêche traditionnelle y est très active et certaines pratiques de pêche de loisir ne s’exercent que dans cette tranche bathymétrique (chasse sous-marine et pêche à pied).
La création d’espaces marins protégés où la prédation humaine est interdite ou limitée est la seule solution qui permet de préserver les équilibres biologiques : c’est « l’effet réserve », il garantit le maintien de la biodiversité.
Ainsi, il est nécessaire d’évaluer les efforts de protection par tranche bathymétrique.
La base de données MEDAMP permet de déduire le niveau de protection (hiérarchie de la réglementation de la pêche en place) de chaque espace protégé. Elle donne le taux de chaque niveau de protection d’une zone géographique (département, région ou zone administrative (Directive Cadre Eau - DCE- ou Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux - SDAGE) et de chaque tranche bathymétrique des fonds littoraux. L’analyse des données stockées dans MEDAMP met ainsi en évidence la répartition de l’effort de protection par rapport aux menaces les plus évidentes à la biodiversité.

Les dégâts physiques causés par les mouillages répétés des grosses unités surtout sur les herbiers de posidonies relèvent plus d‘une nécessité d’application de la loi de façon uniforme (partout où l’herbier de posidonie est présent) que de la mise en place d’espaces dédiés à cette protection.

Présente l’évolution de la protection

Depuis la création de la première aire marine protégée en 1965, les réserves sous-marines et aires marines protégées ont été établies progressivement. Depuis, certaines ont été abrogées, d’autres ont été modifiées (changement d’aire ou changement de niveau de protection dans des sous zones). Dans la base de données MEDAMP toutes les données historiques de la protection ont été intégrées (inventaire dans le temps des zones abrogées ou étendues, ou des sous-zones ayant changé de niveau de protection).

Dans le cadre d’un challenge auquel la France a souscrit au niveau international (la convention dite d’« Aîchi » qui impose une protection de 20 % des espaces sous-marins littoraux à tous les pays signataires d’ici 2020), le site MEDAMP présente l’évolution des surfaces des aires protégées ou des taux de protection par zone géographique ou bathymétrique avec les niveaux de protection.

La base de données

Celle-ci est conçue spécifiquement pour permettre un accès aisé, libre, en ligne à partir de ce site. Certaines données ont été regroupées selon différents critères. Les données chiffrées sont extraites d’un système d’information géographique –SIG - (logiciel utilisé : ArcGIS 10.2.2 société ESRI) sur une base cartographique réalisée pour le site www.medamp.org (ce site concerne l’impact des aménagements construits sur la mer sur l’ensemble des côtes françaises de la Méditerranée).

Les indications géographiques des contours des aires marines protégées ont été relevées directement sur les textes de lois (arrêtés ou décrets). Tous ces textes de lois sont cités en référence dans les fiches de détail de chaque aire protégée.

La base de données est libre d’accès à cette adresse www.medamp.org

Toutes les données sont regroupées dans 5 volets distincts :

  • Inventaire,
  • Données chiffrées,
  • Cartographie,
  • Evolution,
  • Protection/pression.

Ces données sont complémentaires à celles existantes

Actuellement les cartes officielles des différentes aires marines protégées sont présentées au public avec des chartes graphiques spécifiques. Afin de faciliter la lecture de ces cartes, une charte graphique harmonisée a été élaborée dans les 19 éditions (1991-2016) du livret de sensibilisation pour la protection de la biodiversitée « Méditerranée Mer Vivante » (www.mervivante.net) . C’est cette charte graphique que nous avons adoptée pour illustrer les différents niveaux de protection des 65 aires marines protégées.

De nombreuses aires marines protégées de statuts différents sont superposées. Pour les bilans chiffrés additionnant des surfaces de zones de statuts différents, nous avons pris en compte d’abord les données (surface, linéaire) des zones les mieux protégées qui sont ainsi déduites des zones les moins protégées.

Mise à jour

La base de données MEDAMP est créée de manière à être facilement mise à jour. Les caractéristiques de toute nouvelle aire marine protégée ou la modification du niveau de protection d’une sous zone peuvent être aisément inclues dans la base avec une mise à jour automatique de l’ensemble des données. Un encart « mises à jour » permet de constater pour chaque millésime futur les données modifiées (liste annuelle des nouvelles aires marines protégées ou modifications de niveau de protection).

 
 
 
 
 
 

Inventaire

Accès aux caractéristiques, descriptif, année de création, illustrations et localisation de chaque zone protégée en mer.

Photos

Afin de visualiser le littoral au niveau des zones protégées ( balises de signalisation en mer, panneaux de signalisation, …), une collection de données iconographiques a été créée. Ces images figurent dans les fiches de détail de chaque aire protégée (aller dans « inventaire »).

Cartographie

Accès aux cartes de la base de données permettant de visualiser les contours de toutes les zones marines protégées et tous les tracés des limites bathymétriques et administratives.

A cette carte interactive s’ajoute la mise à disposition d’une carte spécifique à chaque zone marine protégée. Ces cartes ont été  dessinées avec la charte graphique de MEDAMP. Elles sont accessibles dans le volet inventaire  en ouvrant  chaque fiche des réserves sous-marines ou aires marines protégées.

évolution

C’est un accès à la base de données historique. La date de création de chaque zone protégée a été  saisie. De même nous avons saisi les dates des  changements passés : créations et abrogations d’anciennes zones protégées  et créations et modifications de zones ayant changé de niveau de protection. Ces données permettent de présenter dans ce volet  des histogrammes qui montrent l’évolution de la protection  temporelle par découpage administratif, par niveau de protection et par tranche bathymétrique.

Protection / pression

Dans ce volet nous présentons sur des histogrammes « camenbert » communs,  l’ensemble de la surface marine d’un découpage administratif (département, région ou toutes les côtes françaises de la Méditerranée) de  la zone marine la plus vulnérable et la plus convoitée ( 0/-10m, -10/-20m et 0/ -20 m).  Sur cette surface naturelle initiale nous superposons à la fois les surfaces concernées par les efforts de protection (par niveau de protection contre les prélèvements) et celles  détruites irréversiblement par le cumul des surfaces des ouvrages construits sur la mer  (chiffres extraits de la base de données MEDAM www.medam.org)

Analyse des données

Considérations générales sur les données MEDAMP par rapport aux objectifs internationaux de protection du milieu marin à atteindre.

Nous donnons ci-dessous les points synthétiques les plus significatifs du niveau de protection des eaux littorales des côtes françaises de la Méditerranée portant sur un inventaire de 65 zones marines protégées.

I - Une protection intégrale très faible (zones de non prélèvement avec surveillance spécifique : Niveau I)

- Surfaces : 8 610,61 hectares au total (PACA : 5 329,73 ha, Occitanie : 68,81 ha, Corse : 3 212,07 ha).
- Par rapport aux eaux territoriales françaises des côtes françaises de la Méditerranée estimées officiellement à 87 212 km² (Parlement Européen- Direction générale des politiques internes de l’union, Département politique structurelles et de cohésion - Pêche ; 2010, Eaux territoriales en Méditerranée et en Mer Noire, 130 pp.) ce taux de protection atteint 0,10 %.
- On constate une répartition homogène par tranches bathymétriques de ce type de protection (voir d’autres données).

II – Si on ajoute les 17 cantonnements ou concessions (zones de non prélèvement) où la surveillance spécifique est absente, les surfaces ainsi protégées restent peu étendues (Niveaux I + II)

- Surfaces : 15 868,87 hectares au total ( PACA : 6 363,92 ha, Occitanie : 169,02 ha, Corse : 9 335,93 ha).
Par rapport aux eaux territoriales françaises des côtes françaises de la Méditerranée (estimées officiellement à 85 000 km²) le taux de protection atteint alors 0,18 % (voir d’autres donnés). - Taux de protection : 1,27 % entre 0 et -10 m (PACA : 1,31 %, Occitanie : 0,18 %, Corse : 2,28 %).

III – Des zones « tampons » efficaces mais rares et peu étendues. Il s’agit des zones où seule la pêche professionnelle est autorisée (niveau IV)

Seul le parc national de Port-Cros, les réserves naturelles de Scandola et des Bouches-de-Bonifacio ont de telles zones contigües à des zones de non prélèvement.

- Surfaces : 2 968,42 hectares au total ( PACA : 1 797,28 ha, Occitanie : 0,00 ha, Corse : 1 171,14 ha).
- Taux de protection : 0,19 % entre 0 et -10 m (PACA : 0,30 %, Occitanie : 0,00 %, Corse : 0,24 %) ; 0,25 % entre -10 et -20 m (PACA : 0,29 %, Occitanie : 0,00 %, Corse : 0,46 %) ; entre -20 et -50m 0,25 % (PACA : 0,21 %, Occitanie : 0,00 %, Corse : 0,80 %).

IV – Des zones où la pêche amateur est soumise à autorisation avec des contraintes (nombre de prises, poids …) difficiles à surveiller (Niveaux V + VI + VII).

- Ces zones ont été mises en place dans 3 aires : Port-Cros, Cerbère-Banyuls et Bouches de Bonifacio (Niveaux IV et V additionnés) (voir texte et données). Elles nécessitent de la part des agents de surveillance assermentés un effort très contraignant à mettre en place (inventaires et déterminations des prises, pesées, vérifications des autorisations et du matériel de pêche,…). Certains pêcheurs « autorisés » considèrent ces zones comme des zones de pêche gardées où ils ont le privilège de pouvoir y pêcher. Des comptages de poissons effectués à Porquerolles à l’intérieur de ces zones et à l’extérieur (zones sans autorisations requises pour pêcher) montrent que le nombre et la taille des poissons sont inférieurs dans la zone soumise à autorisation.

V – Des zones immenses incluant des surfaces importantes de grands fonds à réglementation très faible (Niveau VIII).

Ces zones concernent les deux parcs nationaux (Port-Cros et Calanques) ainsi que la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio. Elles sont qualifiées comme étant des zones adjacentes, des cœurs de parc sans exclusion d’une catégorie de pêcheurs ou des zones périphériques. Les contraintes concernent essentiellement la pêche de loisir. Si aucune catégorie de pêcheurs n’est exclue, de nombreuses contraintes hétéroclites selon les aires marines protégées ont été mises en place (nombre de prises, nombre de certaines espèces, poids des prises, nombre de cannes par pêcheur, matériels de pêche électrique ou hydraulique …)

Leur surface totale dépasse de beaucoup la surface totale des zones protégées excluant totalement une catégorie de pêcheurs (chasse sous-marine ou pêche à la ligne). Elles nécessitent de la part des agents de surveillance assermentés un effort très contraignant à mettre en place par la surface à couvrir (inventaires, déterminations et pesées des prises …). Cette charge s’ajoute à la surveillance prioritaire des zones mieux protégées par des règlementations plus strictes (voir les données).

VI – Des zones encore plus étendues sans aucune réglementation spécifique restreignant la prédation. Ce sont ainsi des zones plus « co-gérées » que protégées. Il s’agit des 36 zones Natura 2000 et des deux parcs naturels marins (Niveau IX).

La gestion de ces zones a pour objectif de réunir les utilisateurs de la mer pour une utilisation respectueuse et durable de l’aire marine sans contrainte juridique. Le développement durable de ces zones dépend essentiellement de l’implication des gestionnaires territoriaux. Un grand nombre de ces zones se superposent à d’autres aires marines mieux protégées avec des réglementations contraignantes pour la pêche. Nous n’avons considéré pour ces zones (Natura 2000 et les deux parcs naturels marins) que la partie située en dehors des zones mieux protégées (voir les données).

VII – Les très petits fonds collés au rivage peu protégés

Le linéaire des zones collées au rivage protégées de toutes formes de pêche (niveaux I et III) ne représente que 77,38 km ( 3,76% du littoral) alors que les aménagements gagnés sur la mer ont artificialisé et donc bouleversé les équilibres écologiques des très petits fonds devant 228,57 km (11,11% du littoral). Si on additionne à ces zones celles où certaines catégories de pêcheurs de loisir sont exclues (niveaux IV à VII) le littoral ainsi protégé reste faible : 179,52 km (8,73% du littoral).