De nombreuses aires marines protégées de statut différent sont superposées

 

La création des 36 zones Natura 2000, des deux parcs naturels marins ainsi que les extensions des parcs Nationaux et de la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio (zones adjacentes ou périphériques), implique des superpositions de zones marines protégées présentant des statuts juridiques différents avec des gestionnaires distincts et des règlementations spécifiques.

Pour l’évaluation globale des surfaces protégées (additions des surfaces par entité géographique et par niveau de protection), il convient de ne pas cumuler les surfaces des aires marines protégées ainsi superposées. Dans MEDAMP, nous présentons les données chiffrées regroupées, déductions faites des aires déjà comptabilisées.
Nous prenons en compte d’abord les zones les plus protégées qui sont ainsi déduites des zones moins protégées. Par exemple sur la zone globale du Parc National de Port-Cros se superposent deux sites Natura 2000 en mer (celle de la rade d’Hyères et celle de la Corniche varoise) et un cantonnement (celui de La Londe-les-Maures).

Le cantonnement (zone très protégée) se trouve dans la zone adjacente du parc (donc peu protégée) : pour éviter des additions de la même surface nous comptons séparément la surface du cantonnement (dans la catégorie zone de non prélèvement) et la surface globale du parc de laquelle la surface du cantonnement est déduite. De même nous privilégions l’aire adjacente du Parc National de Port Cros (peu protégée) et les zones cœur de parc (bien protégées par des règlementations contraignantes) des deux zones superposées de Natura 2000 (deux zones très peu protégées par leur statut). De ce fait, pour ces deux zones Natura 2000, les surfaces retenues dans nos aditions sont restreintes aux surfaces non superposées à celles du parc national de Port-Cros.

Si on considère que les deux Parcs naturels marins sont mieux protégés (ou gérés) que les zones Natura 2000 incluses dans ces parcs, on constate que pour l’ensemble des 36 sites Natura 2000 qui s’étendent sur un total de 789 217,86 ha, il ne faut en retenir moins que la moitié soit 374 180,30 ha non couverts par une autre aire mieux protégée ou gérée.

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Le décompte des réserves marines et aires marines protégées peut se faire d’après le nombre de statuts juridiques différents avec des gestionnaires distincts (nous en avons dénombré 65) mais aussi d’après le nombre de périmètres de niveau de protection différent (nous en avons dénombré 165).

Par contre, si on considère les zones géographiques contenant plusieurs aires superposées aux statuts juridiques différents, le nombre de périmètres plus ou moins bien protégés est inférieur à 40. En effet, la multiplication des statuts différents de protection s’est accompagnée d’un empilement de surfaces gérées par des organismes différents. Nous pouvons citer les cas :
- des parcs nationaux qui englobent des sites Natura 2000, un cantonnement et une concession,
- des parcs naturels marins qui recouvrent des zones Natura 2000, des cantonnements et des réserves naturelles,
- d’une réserve naturelle qui couvre des zones Natura 2000, des cantonnements et des zones protégées par des arrêtés de biotopes.

Ce système de protection en "poupées russes", entraine des gouvernances multiples du même espace marin et une mauvaise lisibilité pour l’utilisateur.

Par ailleurs, des périmètres marins ont été divisés en plusieurs zones Natura 2000 contigües (certains périmètres situés au droit de la même commune sont divisés en trois). Chaque zone contigüe est gérée par une pléthore d’administrateurs communs ou distincts dans les COPIL (jusqu’à 90 membres convoqués à chaque réunion). Pour le décompte des aires marines protégées doit-on considérer les périmètres globaux (d’un seul tenant) où les statuts juridiques et le niveau de protection sont identiques ou le nombre de sous-zones de gestion distincte ?

 

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